Dès lors, le narrateur, intimement lié aux Romani, remonte - comme on remonterait un fleuve et ses affluents - la ligne de vie des protagonistes et dessine les contours d'une dynastie de la bêtise et de la médiocrité.
Sur un fil tragicomique, dans une langue vibrante aux accents corrosifs, Jérôme Ferrari sonde la violence, saisit la douloureuse déception de n'être que soi-même et inaugure, avec la thématique du tourisme intensif, une réflexion nourrie sur l'altérité. Sur ce qui, dès le premier pas posé sur le rivage, corrompt la terre et le coeur des hommes.
Notre avis
C’est l’histoire d’un garçon qui poignarde un autre garçon. Mais c’est surtout le roman d’une famille résolument dysfonctionnelle, du fléau de la conquête et du tourisme, sa version moderne… Un roman magnifiquement écrit, drôle, diablement intelligent, poétique et d’une finesse folle !